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18 juin 2015 at 19 h 09 min

L’obésité serait transmissible par les spermatozoïdes !

Si les enfants de pères obèses ont un risque plus élevé d’être obèse, c’est peut-être parce que les spermatozoïdes des pères gardent une mémoire de leur obésité. Une équipe dirigée par Romain Barrès de l’Université de Copenhague vient de montrer que l’obésité marque de façon particulière le génome des spermatozoïdes, et que la chirurgie bariatrique remodèle ces caractéristiques, notamment dans les régions du génome impliquées dans le contrôle de l’appétit.

Quel est l’impact de ces travaux sur nos vies?

On peut voir les choses de deux façons. La première est que jusqu’à présent, la responsabilité de la santé de l’enfant à naître se portait exclusivement sur les femmes enceintes et leur environnement, leur alimentation. Cette étude suggère que les comportements des hommes avant la conception pourraient être importants pour la santé de leurs enfants. Cela ajoute une responsabilité « biologique » à des pères qui n’en avaient que peu auparavant. Mais il y a aussi une manière de voir les choses plus positive. Nous ne transmettons pas seulement un mélange aléatoire de nos gènes à nos enfants, nous pouvons améliorer leur santé, leur comportement peut-être en faisant attention à notre mode de vie avant leur conception.

Référence:

Donkin et al., (2016), Obesity and bariatric surgery drive epigenetic variation of spermatozoa in humans, Cell Metabolism, vol. 23, pages 369-378.


La méditation, une pratique qui modifie le cerveau !

La méditation, dont il existe différentes formes, est maintenant pratiquée dans les hôpitaux et les écoles.

Elle produit de nombreux effets bénéfiques sur le plan psychologique. Elle peut aider à traiter la dépression et la douleur chronique, ainsi qu’à développer un sentiment de bien-être général.

L’imagerie médicale permet de montrer que la méditation modifie l’activité et la structure du cerveau. On savait déjà que le cerveau peut être modifié par l’expérience vécue. Ainsi, chez un violoniste, une région cérébrale qui contrôle les mouvements des doigts s’agrandit progressivement à mesure qu’il apprend à jouer de son instrument. Un processus similaire semble se produire lors de la pratique de la méditation. Le méditant régule ses états mentaux pour parvenir à une forme d’enrichissement intérieur, ce qui modifie le fonctionnement et la structure du cerveau.

Ces scientifiques ont découvert que les pratiquants présentaient un volume plus important du tissu cérébral que les sujets du groupe témoin dans l’insula et dans le cortex préfrontal. Ces régions sont impliquées dans le traitement de l’attention, des perceptions et des sensations corporelles internes.

Cela signifie que ces modifications du cerveau se traduisent par un meilleur contrôle de l’attention et une diminution de la sensibilité au stress.

Référence:

Mattieu Ricard, Antoine Lutz et Richard Davidson (2015), La méditation, comment elle modifie le cerveau, Pour la Science, n° 448, pages 23-29.


ADN, il transmet aussi nos traumatismes !

Des chercheurs ont montré que des hommes et des femmes ayant survécu à la Shoah ont transmis à leur descendance les traces de ce stress dans leur ADN.

Auriez-vous imaginé que le fait que vos parents aient survécu à des camps d’extermination puisse avoir un effet sur votre destin ?

Concrètement, chez les descendants, le gène dont le produit est le récepteur au cortisol est inactivé. Ce récepteur  joue un rôle majeur dans la régulation de la réponse au stress. Lorsque le gène est actif, le récepteur permet de contrôler la réponse au stress un peu à la manière du thermostat d’un radiateur.  En cas de stress, l’organisme va sécréter  du cortisol, hormone de stress permettant de mobiliser les ressources de l’organisme pour faire face à la situation. Une fois le danger écarté, le cortisol diminue et l’organisme passe en mode repos.

Chez les descendants de personnes ayant survécu à l’holocauste, le gène est inactivé et le cortisol s’accumule dans l’organisme. C’est comme si le thermostat était détraqué et qu’il n’y avait plus moyen de régler la température.

En conséquence, même en l’absence d’éléments perturbateurs, les individus vivent dans un état de stress constant les prédisposant à des pathologies psychiatriques.

Cela signifie que si vos parents ont survécu à des traumatismes, leurs cicatrices émotionnelles peuvent s’être transmises chez vous. Fort heureusement vous avez une prise sur la situation avec la possibilité d’effacer ces traces de votre ADN grâce à une thérapie adaptée.

Référence:

Yehuda et al. (2014), Influences of Maternal and Paternal PTSD on Epigenetic Regulation of the Glucocorticoid Receptor Gene in Holocaust Survivor Offspring, Am J Psychiatry, vol. 171, pages 872-880.


ADN, il  transmet aussi nos souvenirs !

C’est une découverte incroyable : des souris soumises à une expérience désagréable ont transmis, via leur ADN, la mémoire de cet événement à leur progéniture jusqu’à la 3eme génération.

Concrètement, les chercheurs ont d’abord appris à des souris mâles à avoir peur d’une odeur spécifique en l’associant à un choc électrique. Dans les dix jours qui ont suivi, ces mâles se sont reproduits avec des femelles qui n’avaient jamais été exposées à cette odeur. La descendance élevée par les femelles a instinctivement sursauté lors de la première exposition à cette odeur. Les souris avaient hérité à leur naissance d’une forme de souvenir appartenant à leurs parents, indépendamment de tout apprentissage. Elles « savaient » ce que leurs parents avaient appris par eux-mêmes.

L’idée que nous pourrions hériter de souvenirs appartenant à nos parents est extraordinaire. Le souvenir de ce qu’ont vécu nos ancêtres, loin d’être perdu, se retrouve au plus profond de nous.

Référence:

Dias et al. (2014), Parental olfactory experience influences behavior and neural structure in subsequent generations, Nature Neuroscience, vol. 17, pages 89-96.